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Tous les proverbes et citations

Puisque son propos n'est pas le trône -ni la pourpre - le philosophe peut bien parler comme un homme libre peut seul se le permettre: le Travail est une contrainte, la Famille une façon de conjurer la solitude et la pénurie sexuelle, la Patrie une rhétorique de belliqueux incultes.

  

Comment dès lors entendre la justesse de bons arguments critiques dans un monde où l'essentiel de la classe intellectuelle communie moins dans la gauche que dans son catéchisme ?

  

La biographie d'un philosophe ne se résume pas au seul commentaire de ses oeuvres publiées, mais à la nature de la liaison entre ses écrits et ses comportements.

  

L'éthique est affaire de vie quotidienne et d'incarnations infinitésimales dans le tissu fin des relations humaines...Elle sacre le règne du presque rien, du je-ne-sais-quoi, du quasi minime et de l'anodin.

  

L'ivresse absolue, celle qui métamorphose le buveur en objet ivre mort, est un attentat contre la bipédie à l'endroit même de ses symboles : la verticalité, la main libérée, le cerveau sollicité, le cortex développé, donc le langage, l'intelligence, la faculté de raisonner. Elle est la flaccidité contre l'homo erectus.

  

Si Freud eut un jour le prix Goethe au lieu du Nobel de médecine escompté, c'est bien parce que, de son vivant déjà, un aréopage a considéré que son oeuvre relevait plus de la littérature que de la science !

  

Dans ses propositions d'analyse de rêves, Freud découvre moins la vérité d'autrui que sa propre vérité. Le rêve est la voie royale qui mène à l'inconscient de l'interprète...

  

C'est à peine si je frôle encore les crêtes des vagues. L'existence où je serais censé nager m'est comme extérieure, et je touche sa peau joueuse non sans un frisson de volupté : suis-je devenu poisson volant ?

  

Nietzsche établit qu'un criminel est peut-être individu qui exige "une intelligence médicale, une bienveillance médicale" susceptibles d'intégrer le savoir diététique dans son mode d'appréhension des cas. On retrouve ici trace du Feuerbach qui affirmait que "l'homme est ce qu'il mange".

  

La diététique est la science de l'acceptation du règne de la nécessité par la médiation de l'intelligence : il s'agit de comprendre ce qui convient le mieux au corps et non de choisir au hasard, suivant des critères ignorants de la nécessité corporelle.

  

Paradoxalement, le végétarien prouve qu'il est un animal humain qui réalise ce qu'aucun animal non humain n'accomplit : il dit non au déterminisme prédateur. Ce en quoi le végétarien incarne à mes yeux une forme éthique suprême. De même l'opposant à la chasse, à la pêche, à la corrida, aux combats de coqs.

  

Les hommes asservissent leurs semblables mais, écrit Montaigne, et qui pourrait lui donner tort ?, aucun animal n'en asservit un autre ! L'homme et un animal qui fait des esclaves - autrement dit moralement, les animaux surpassent les humains.

  

Contre la brutalité féodale et la violence bourgeoise, la logique de l'éros léger formule une morale du souci de l'autre.

  

Trop de siècles chrétiens ont enseigné qu'elles [les femmes] n'étaient rien, moins que rien, la lie de l'humanité, sans âme, indigne de considération, pécheresses, tentatrices et autres sornettes.

  

Être post-chrétien ne se fera pas par un retour aux anciens, mais par un dépassement de ce qui a perduré de l'hellénisme dans le christianisme.

  
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