content top

Jules Barbey d'Aurevilly

Etre belle et aimée, ce n'est être que femme. Etre laide et savoir se faire aimer, c'est être princesse.

  

Le plus triste, hélas, de toutes les vieillesses, c'est la vieillesse de l'amour.

  

Dans toute poésie, il y a une lutte secrète entre l'infini du sentiment et le fini de la langue dans laquelle cet infini se renferme sans se limiter.

  

La renommée, cette sourde sonneuse de fanfares, qui ne s'entend pas elle-même quand elle sonne, car souvent elle s'interromprait.

  

Les philosophes ne sont vraiment forts que les uns contre les autres. Sans leurs erreurs mutuelles, que seraient-ils ?

  

Dans les choses où le coeur n'est plus, la main n'est jamais puissante.

  

L'idéal économique des bourgeois est d'augmenter indéfiniment le nombre des consommateurs.

  

Les êtres heureux sont graves. Ils portent en eux attentivement leur coeur comme un verre plein, que le moindre mouvement peut faire déborder ou briser.

  

Les grands hommes sont comme les plus belles fleurs. Ils croissent sous le fumier et à travers le fumier que jettent sur eux les envieux et les imbéciles.

  

L'admiration prend quelquefois un télescope pour regarder les choses de la terre, mais elle n'en fait pas des astres pour cela.

  

La séduction suprême n'est pas d'exprimer ses sentiments. C'est de les faire soupçonner.

  

Ce qui devrait avoir le plus de tact en nous, c'est l'amour-propre, et c'est ce qui en a le moins.

  

C'est surtout ce que l'on ne comprend pas qu'on explique.

  

Il y aura toujours de la solitude pour ceux qui en sont dignes.

  

Avant de choisir le prénom d'un garçon pensez à la femme qui aura à le murmurer plus tard.

  
content top