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Francois Mauriac

Nous tissons notre destin, nous le tirons de nous comme l'araignée sa toile.

  

Notre destin, quand nous voulons l'isoler, ressemble à ces plantes qu'il est impossible d'arracher avec toutes leurs racines.

  

L'empreinte d'un homme sur un autre est éternelle, aucun destin n'a traversé le nôtre impunément.

  

Nous ne connaissons bien que ce dont nous sommes dépouillés.

  

La poussière n'est pas encore le néant : elle doit être dispersée.

  

Il ne faut surtout pas juger Dieu sur les balbutiements de ses serviteurs.

  

Nous croyons trop souvent que Dieu n'écoute pas nos questions, c'est nous qui n'écoutons pas ses réponses.

  

La peur est le commencement de la sagesse.

  

Que Dieu préfère les imbéciles, c'est un bruit que les imbéciles font courir depuis dix-neuf siècles.

  

Si les femmes faisaient pour Dieu ce qu'elles s'imposent pour sauvegarder leur ligne, il n'y aurait point à s'inquiéter de leur salut.

  

Battre les records, c'est l'idée fixe d'un véritable sportif, et il y a là comme une usurpation par le corps de cette vocation spirituelle du chrétien : se dépasser soi-même.

  

La plus grande charité envers les morts, c'est de ne pas les tuer une seconde fois en leur prêtant de sublimes attitudes. La plus grande charité, c'est de les rapprocher de nous, de leur faire perdre la pose.

  

Cette façon, si remarquable chez un chrétien, de porter sa croix, mais en sautoir.

  

Une oeuvre sincère ne saurait être plus condamnable qu'un cri. Tout drame inventé reflète un drame qui ne s'invente pas.

  

Je veux bien mourir pour le peuple, mais je ne veux pas vivre avec.

  
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