«J'ai consommé zéro m3 d'eau dans ma résidence secondaire, c'est écrit sur ma facture, et je dois quand même payer 120 €, je ne comprends pas». Des témoignages comme celui de cette consommatrice, le magazine 60 millions de consommateurs en a reçu à la pelle.

Il y a un an, il lançait le site www.prixdeleau.fr pour étudier la transparence du prix de l'eau en France. Son site a reçu plus de 10 000 contributions ainsi que 4 000 factures exploitables, envoyées par des consommateurs.

60 millions de consommateurs en a sélectionné 220 afin d'analyser plus précisément le calcul du prix du m3 d'eau. Le résultat est cinglant: consommer peu ou faire des efforts pour réduire sa consommation ne sert pas à grand chose. Car les prix étant fortement dégressifs, plus les ménages consomment, moins ils paient.

Abonnement compris, ceux qui consomment moins de 30 m3 paient en moyenne 5,40 € le m3, alors que ceux qui ont une consommation de plus de 120 m3 paient ce même m3 seulement 3,08 €. Parfois, sur les toutes petites consommations, c'est-à-dire celles de personnes vivant seules, 60 millions de consommateurs a relevé que le prix du m3 pouvait grimper jusqu'à 20 €.


Ecarts de prix conséquents selon les régions

Sur le service, c'est-à-dire l'accès à l'eau potable et l'assainissement, l'écart de prix est également conséquent selon les régions, et mêmes les communes. Il varie de 1 à 3, et même de 1 à 5 lorsque l'assainissement n'est pas collectif, ce qui est souvent le cas en milieu rural.

«Ces écarts peuvent s'expliquer par les contraintes géographiques des territoires, mais seulement en partie: il y a aussi des problèmes de gestion», affirme Thomas Laurenceau, rédacteur en chef du magazine.

60 millions de consommateurs a également constaté des prix de 10 à 15 % supérieurs sur les factures émises par les grands opérateurs du secteur, par rapport à celles des régies, c'est-à-dire du public. «Ce que l'on entend dire sur ces écarts de prix, nous l'avons vérifié, mais nous ne pouvons pas encore l'expliquer», a précisé Thomas Laurenceau.


Des factures trop complexes

Reste l'épineuse question de la complexité des factures: «Une facture est censée aider le consommateur à comprendre ce qu'il paie, mais là, ce n'est pas le cas, car les factures d'eau sont d'une complexité inouïes». Et ce, malgré l'arrêté «facture», qui devait clarifier les choses. A noter que seulement 9 % des factures analysées par le magazine sont totalement conformes aux recommandations de cet arrêté. Cependant, la plupart des factures sont jugées «globalement conformes».

Si 60 millions de consommateurs souhaite voir évoluer l'arrêté «facture», le magazine est conscient que la transparence des prix s'arrête au pied des immeubles, puisque les ménages vivant en habitat collectif ne reçoivent pas directement leurs factures d'eau.

Céline Boff



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