A l’époque des califes abbassides, dans la capitale musulmane Bagdad, un grand savant était réputé par sa sagesse. Cet homme qui avait passé sa vie à l’étude du Coran et à celles des paroles du Prophète (Que la Paix et la Bénédiction de Dieu soit sur lui) était d’une piété incommensurable. 

Jamais on ne l’entendait dire du mal de quelqu’un, jamais on ne voyait se moquer des autres, ni parler pour ne rien dire.
 

Par ces qualités, il était aimé de tous car il avait toujours une parole gentille ou un sourire pour les gens qu’il rencontrait, et il était toujours prêt à aider son prochain. 

Un jour, il croisa le chemin d’un de ses voisins :
 

Le voisin : « As-salamou Alaykoum ! »
 

Le savant : « Wa alaykoum salam » 

Le voisin :
« As-tu pris connaissance du bruit qui court au sujet de ton ami Abdellah ? »
 

Le savant : « Attends un peu ! Je vois que l’envie te brûle de m’annoncer quelque chose. Mais avant que tu t’avances, j’aimerais te faire passer un petit test. Cela s’appelle le test des trois filtres. » 

Le voisin :
« Des trois filtres ? » 

Le savant : « Exactement ! Avant que tu ne me parles de mon ami, ce serait une bonne idée de prendre le temps de filtrer ce que tu comptes me dire. Nous allons faire passer ce que tu voulais me dire dans trois filtres : ce qui en restera, tu pourras me le dire. C’est pourquoi j’appelle cela le test des trois filtres. Es-tu prêt ? » 

Le voisin (très étonné) : « Euh… Oui d’accord… si tu le souhaites… »

 

En effet, quand il bavardait avec ses voisins, il n’avait pas l’habitude d’autant de précautions de leur part…

Le savant :
« Commençons ! Le premier filtre est celui de la vérité. As-tu bien vérifié que ce que tu veux me dire est vrai ? »

Le voisin :
« Euh… Non ! En fait on vient juste de me l’annoncer et… »

Le savant :
« Bien ! Donc, tu n’es pas du tout sûr que ce soit vrai. Le filtre de la vérité n’a pas gardé ce que tu voulais me dire. Essayons maintenant le second filtre, celui du bien. Est-ce que ce que tu voulais me dire sur mon ami est quelque chose de bien ? » 

 

Le voisin : « Euh… Non, bien au contraire… »

Le savant :
« Ah... Donc tu voulais me dire quelque chose de mal sur mon ami, mais tu n’es pas certain que ce soit vrai. Je ne sais pas si je vais pouvoir t’écouter… Mais peut être réussiras-tu malgré tout le test, car il reste encore un filtre : le filtre de l’utilité. Si tu me dis ce que tu voulais me dire sur mon ami, est-ce que cela me sera utile ? » 

Le voisin (très embarrassé) :
« Euh bien…non, pas vraiment… » 

Le savant : « Résumons mon cher voisin ! Ce que tu souhaites me dire sur mon ami est mauvais, certainement faux et ne me sera d’aucune utilité sinon me donner  injustement une mauvaise image de mon ami… Cela vaut-il vraiment la peine que tu me racontes ? »
 


« Ô vous qui croyez ! Ne vous moquez pas les uns des autres, car il se peut que ceux-ci soient meilleurs que ceux-là. Que les femmes ne se moquent pas les unes des autres, car il se peut que celles-ci soient meilleures que celles-là. Ne vous calomniez pas les uns les autres, et ne vous donnez pas de sobriquets injurieux. Quel vilain mot que « perversion », quand on a déjà la foi. Ceux qui ne se repentent pas, voilà les injustes. » Sourate 49, verset 11



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