Le père de Cheikh Abd Al-Hamîd Kichk était un modeste commerçant de la ville de Shabrakhît en Egypte. Cheikh Kichk naquit dans une famille d'un niveau de vie très modeste et dans son enfance, à la fin du cycle primaire, il perdit la vue. Il affirmait avec beaucoup de foi que Dieu lui avait ôté la vue et avait remplacé cette lumière par la lumière du Coran qui illuminait son cœur.

Cheikh Kichk commença tôt l'apprentissage du Saint Coran dans sa ville. A l'âge de douze ans, il avait appris tout le Coran par cœur. Il partit à Alexandrie pour étudier dans la section primaire de l'éducation d'Al-Azhar, dans l'institut des études religieuses.

Après avoir accompli le cycle primaire d'Al-Azhar et après avoir essayé de guérir ses yeux pendant deux ans, Cheikh Kichk devint prédicateur. Son frère l'encouragea à partir au Caire s'inscrire au cycle secondaire qui lui ouvrirait éventuellement la voie vers l'éducation supérieure d'Al-Azhar.



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Au Caire, la vie du Cheikh n'était pas facile. Il avait toujours besoin d'une personne pour l'accompagner jusqu'à l'institut d'Al-Azhar. De même, l'apprentissage et la lecture de ses cours n'étaient pas sans difficultés. Parfois il trouvait un ami aimable pour lui lire quelques pages, mais d'autres fois, il levait les mains au ciel priant Dieu de lui envoyer une personne prête à lui faire la lecture.

La première expérience du Cheikh avec le minbar (la chaire d'une mosquée) fut à Shabrakhît quand son oncle lui demanda de prêcher dans l'une des mosquées de la ville. Quand il s'inscrivit au cycle secondaire d'Al-Azhar, il fit connaissance avec Cheikh Ahmad Isâ Ashûr, le président d'une association religieuse (Al-Jam`iyyah Ash-Shar`iya). Cette association avait construit de nombreuses mosquées en Egypte et recrutait des prédicateurs à des niveaux différents de leurs études dans Al-Azhar. Cheikh Ahmad Ashûr encouragea vivement Cheikh Kichk d'entreprendre une carrière de prédicateur.

Le prodigieux étudiant obtint son diplôme du cycle secondaire d'Al-Azhar à la fin des années 50. Pendant ses études du cycle secondaire, il était toujours le premier. Il passa à la quatrième année du cycle avec 100% de réussite. L'année du diplôme, il fut le premier de tous les étudiants d'Al-Azhar avec un total de 98.5%. Il s'inscrivit à la Faculté des Fondements de la Religion (Usûl Ad-Dîn).

En 1962, une fois de plus, et malgré la difficulté latente de trouver un lecteur pour l'aider, Cheikh Kichk fut le premier au classement des diplômés de fin d'études d'Al-Azhar. On lui assigna la mission de prédicateur dans une mosquée du Caire.

Cheikh Kichk était un prédicateur très actif. Il fit de la mosquée un véritable centre d'éducation public. Il dispensait, pratiquement tous les jours, des cours d'interprétation du Coran et enseignait la vie du prophète, la jurisprudence et la théologie. Sa renommée était en constante croissance. Il raconte que la première fois où il fit le sermon du vendredi dans sa mosquée, l'audience ne constituait que deux rangs. Très vite, les cafés, les rues et les commerces devenaient déserts lorsque Cheikh Kichk donnait une leçon dans la mosquée devant son audience nombreuse. Il fut transféré à une grande mosquée du Caire (Masdjid `Ayn Al-Hayâh) où sa renommée atteignit des sommets.

Cheikh Kichk était caractérisé par un style unique et saisissant dans la prédication. Son éloquence, la force de sa voix, la beauté de son style, la sincérité de ses propos ouvraient les cœurs de l'audience. A son écoute, les cœurs débordaient d'émotion.

En 1965, un messager du gouvernement lui demanda de déclarer publiquement que Sayyid Qutb (l'un des grands penseurs du groupe des Frères Musulmans) était un apostat ! Cheikh Kichk, qui avait beaucoup de respect pour la pensée du martyr Sayyid Qutb, fut emprisonné pour avoir refusé l'ordre du gouvernement. A l'image de Sayyid Qutb, Cheikh Kichk ne craignait que Dieu, et il dénonça haut et fort les abus du gouvernement malgré les terribles tortures qu'il avait subie pendant trois ans en prison. Sa tristesse fut énorme quand il apprit, depuis sa cellule de prison, l'exécution de Sayyid Qutb en 1966.

Au début des années 70, les nombreux disciples de Cheikh Kichk commencèrent une tradition qui donna à la réputation du Cheikh une dimension nationale. Toutes ses leçons et tous ses sermons du vendredi étaient enregistrés sur cassettes. Ses cassettes étaient parfois distribuées de façon irrégulière. Mais à la fin des années 70, les cassettes de Cheikh Kichk étaient largement appréciées dans tout le monde arabe depuis le Maroc jusqu'aux pays du Golfe. Une grande partie de la communauté musulmane arabophone veillait à se procurer les cassettes de ses leçons, intitulées Madrasatu Muhammad (L'Ecole de Muhammad - que la Paix et la Bénédiction de Dieu soient sur lui).

Cheikh Kichk avait l'habitude de s'impliquer, dans ses sermons et leçons, dans tous les problèmes liés à la société. Il avait lutté contre toutes les formes de déviance, d'inconduite ou d'abus. Il disait : « la chose que je hais le plus au monde, c'est l'injustice! ». Il combattait les injustices en élevant haut sa voix avec le cri de vérité.

Le 6 décembre 1996, Cheikh Kichk quitta ce monde. Dieu lui choisit une mort des meilleures : son âme apaisée retourna à Allah alors qu'il était prosterné, un vendredi, priant à l'occasion de Al-Isrâ et Al-Mi'râdj.

Vous trouverez certains de ses ouvrages ou audios en cliquant ici.



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